Œuvres choisies

Les Conistes et l'autoportrait

L'autoportrait apparaît chez Girard comme une forme de journal intime, fondant pour la peinture ce que J-Y Tarz a nommé « le pacte autobiographique ». Dans « Out of Bed », aussi appelé « le petit-déjeuner du célibataire », réalisé en 2002, Girard représente une clef essentielle dans la compréhension de son état d'esprit concernant cette période. Il nous permet de découvrir une part importante de sa personnalité, cette œuvre étant à la fois une marque de virtuosité mais aussi d'implication personnelle.

Nul autre que Brunel n’est allé aussi loin dans l’exhibitionnisme et l'auscultation fascinée, angoissée, ou épouvantée de soi. Dans « Autoportrait au Spiderman », c'est le thème de la dualité qui est abordé. Le peintre se représente accompagné de son alter ego. Or, ce dernier apparaît comme une menace et symbolise la mort proche.

En revanche, le baladeur de Buisson dans « Autoportrait à l'I-Pod » symbolise son « moi » grimaçant et primitif, l’expansion des ses besoins élémentaires après l'abandon de sa carrière de comptable. Il s’agît donc bien là d’un portrait symbolique à multiples sens, où il se montre entre « l’ange et la bête », l’idéal et la matière, les deux sources de son art, tel qu’il était en train de le théoriser au cours de ses discussions au Quick de la Croix-Rousse avec Girard et Brunel. Le visage du portrait reflète le contrôle, la victoire sur soi – l’accent de lumière sur le front insiste sur cette domination de l’esprit – et l'objet représente tout ce que refoule cette conquête.

Les Conistes et l'autoportrait
Out of bed
Girard 2002
Huile sur toile
65 cm x 81 cm
Les Conistes et l'autoportrait
Autoportrait au Spiderman
Brunel 2007
Huile sur toile
73 cm x 92 cm
Les Conistes et l'autoportrait
Autoportrait à l'I-pod
Buisson 2006
Huile sur toile
65 cm x 81 cm