Œuvres choisies

Mon épicier est un type formidable

La retentissante affaire de vol dont cette toile fût l'objet en 2006, et la renommée qui en découlât ne doivent pas pas empêcher le visiteur d'apprécier l'œuvre elle même.

Le couple est placé devant la caisse, dans un décor très coniste qui est celui de leur épicerie petit-Casino. A cette époque de l’histoire, la petite distribution connaissait un très grand essor et était synonyme d’abondance et de richesse pour les exploitants.

Il existe deux interprétations fameuses à ce tableau. La première est celle d'Éric-Guy Lehaut et porte sur le genre et la place de chacun dans le couple de petits commerçants de l’époque. Selon l’analyste, Monsieur domine le décor, tandis que sa femme en fait parti, presque au même titre que les rayonnages derrière elle ; passivement. Il est le « gérant », le patron, elle n’est que son épouse.

J-Y Tarz, dans son ouvrage Ways of Conism, insiste quant à lui sur le fait que le couple est représenté dans le décor de leur petit-Casino, fruit du mariage : : « ce sont des gérants et leur sentiment de possession vis-à-vis de leur environnement se lit dans leur attitude et dans leur expression [...] parmi les plaisirs que leur portrait leur procurait figurait celui de se voir représentés sous la forme de propriétaires et le plaisir était rehaussé du fait que les Conistes excellaient à rendre leur supérette dans toute sa substantialité ».

Mon épicier est un type formidable
Mon épicier est un type formidable
Brunel et Girard 2002
Huile sur toile
97 cm x 130 cm