Œuvres choisies

Vénus Beauté

En 2013, Sabine Capitan, modèle préféré des Conistes et richissime mécène, pose pour ce nu jugé à l’époque comme le plus scandaleux des nus féminins jamais peints. Vénus Beauté fut ridiculisée et injuriée avec une rare violence, ce qui affecta les Conistes, qui cherchaient à s’inscrire dans la suite des maîtres du passé.

La figure est nue, allongée sur une table d’esthétique recouverte d’une serviette éponge claire. Les traits de son visage sont détendus, son bras droit est relevé derrière la tête, l’autre suit la ligne de la hanche pour venir, de la main gauche masquer le pubis : elle pose – ou semble poser – en toute quiétude. En écho aux courbes lascives de ce corps, répondent, en arrière plan, le rouge intense d’un drapé sur la gauche auquel répond la blancheur virginale de l’institut qui occupe la moitié droite supérieure de la composition. Dans ce rectangle de lumière se détache une esthéticienne au service de Sabine telle une Grâce accompagnant Vénus.

Cette œuvre a choqué par son sujet comme par son traitement.  Le titre est explicite, Vénus renvoyant clairement à la déesse de l’amour, de même que le petit puma à droite, allusion érotique évidente, ou les fleurs représentées en arrière plan. La verticale à l’aplomb du sexe de Sabine, ne fait que peu de doute sur la relation probable que l’un et l’autre entretiennent dans cette composition. Associée au geste de Sabine, elle pourrait signifier la rupture avec son passé et une liberté sexuelle enfin assumée. Enfin, l’assurance de cette femme, son regard droit et franc ont été ressentis comme une provocation supplémentaire de la part des Conistes.

( Voir le film.)

Vénus Beauté
Vénus Beauté
Brunel et Girard 2010
Huile sur bois
180 cm x 122 cm